Coordinatrice de la coopération internationale trilatérale franco-américano-guinéenne pour le projet Konkouré, UN DEFI INOUBLIABLE
Coordinatrice de la coopération internationale trilatérale franco-américano-guinéenne pour le projet Konkouré, UN DEFI INOUBLIABLE
Dimanche 11 juin 2006, Acauped, 9h40.
Le rendez-vous du départ pour Konkouré est à 10h à l’Acauped. Oups, je ne me suis pas réveillée !
Petit déjeuner avec nos amis américains.
Il nous manque le pique-nique et le carburant J et c’est la grève générale J J et Dr Sow, qui doit partir avec nous, est retardé en ville. Nous devrons l’attendre (car des enfants ont siphonné son essence dans sa moto « sans même lui en laisser une goutte pour qu’il rentre chez lui, ce à quoi ils auraient pu penser, vraiment, cette fois, ils ont été méchants »).
Guinée Solidarité (Séverine et Olivier, de Lyon !! oui oui) viennent avec leur propre voiture (une vieille Peugeot africaine) ils nous attendent en bas de la rue, ça fait une bonne demi-heure qu’ils patientent, enfin, j’espère qu’ils sont toujours là !
10h30 : Nous n’avons toujours pas ni pique-nique ni carburant, mais nous avons le Dr Sow, il part prévenir Guinée Solidarité (GS), le petit déjeuner se termine, Oury est arrivée.
10h40 nous partons avec une dizaine de bidons d’eau dans le coffre pour Kourouma, un matelas dans le coffre pour atténuer les chocs de ceux qui y passeront le trajet (20 Km*2).
Boubacar au volant, moi devant avec Oury (on tient à deux sur un siège en Afrique, parfois plus, une fois nous étions 13 dans le 4*4, avec le coffre) Thibault, Dr Sow, Devon et Sarah derrière, nous devons aller chercher GS, leur donner Sow, aller chercher Alyou, Bobo et Heladj, prendre Heladj et donner Alyou et Bobo à GS. Puis prendre de la nourriture (baguettes et vaches qui rit) pour 13 personnes, du carburant pour 40 Km, et enfin prendre Sylvain et Diara les forestiers devant l’énatef (sur le trajet, ouf !)
Carburant
D’après Sylvain c’est 15 Km l’aller, d’après Boubacar c’est 25, d’après Sow c’est 30, et d’après Oury c’est 20. Combien d’essence devons nous acheter sachant que le 4*4 consomme 40 L / 100 Km d’après Boubacar ? Attention il y a un piège ! Le piège c’est l’estimation guinéenne de Boubacar de la consommation de son 4*4 ! C’est toujours comme ça ! Les guinéens exagèrent même si c’est ridicule et aberrant ! Et ils continuent !
Je suis peut-être une fille mais faut pas exagérer une 4*4 qui dépasserait les 20L/100 Km c’est du jamais vu ! (je l’ai scié !)
Bref, je compte 40 Km (je suis sûre que le chauffeur exagère la distance pour se garder du carburant pour ses trajets persos) * 20 L/ 100 Km si nous comptons large 10 L est largement suffisant.
Maintenant, combien va nous coûter l’essence sachant que la situation de crise à Mamou ne nous permet de nous procurer du carburant qu’au marché noir ? En fait, ce sont les gérants des stations services eux-mêmes qui refusent de vendre l’essence aux clients pour créer une crise et la vendre plus chère au marché noir (le litre à la pompe : 5500 FG, au marché noir : jusqu’à 7500, difficilement négociable, on me dit 10 000 aujourd’hui).
Bref, nous partons, nous donnons Sow à GS, notre chauffeur Boubacar souhaite s’arrêter devant chez lui pour donner quelque chose à sa femme ( ! ça tombe bien, c’était déjà pas assez simple !) il part comme ça sans nous prévenir, nous perdons la voiture de GS, puis nous la retrouvons. Nous arrivons devant chez Bobo et Aliou. GS s’arrête donc pour les prendre, mais ils ne sont pas là puisque nous sommes en retard ! Alors Thibault sort du 4*4 pour aller les chercher, pendant ce temps Boubacar décide de partir déposer ses bidons d’eau à Kourouma qui n’habite pas loin, encore une fois sans nous demander notre avis, mais Kourouma habite assez loin quand même pour que nous reperdions GS ! Véridique !
Nous déchargeons les bidons et installons le matelas dans le coffre pour nos futurs compagnons de route. Puis nous allons à côté de la plus proche station service pour retrouver GS. Par bonheur ils arrivent quelques minutes après. Pas de carburant à la station (enfin si, mais 20 L à 140 000 négocié 135 000 par Boubacar) nous allons nous garer à côté, nous sommes très proches du marché. Manquent Thibault et Heladj, qui ne sont pas montés avec GS ! Pourquoi ? Nous ne le saurons jamais ! Ca aurait été trop beau !
Nous les attendons (encoooore !). Dès leur arrivée nous les chargeons dans le coffre et cherchons en voiture du pain et des vaches qui rit. Difficiles à trouver (c’est la grève !) mais un français sans fromage ce n’est pas possible, même pour des vaches qui rit dégueu ! (ne pas oublier que depuis 1 mois nous ne mangeons que du riz ou presque !)
Puis après quatre stations services sans succès nous sommes à la sortie de Mamou. Nous arrivons à négocier la vente de 10 L et non 20 L ce qui est rare car ils veulent écouler les bidons de 20 L. Problème : le prix : 70 000. C’est trop cher, nous négocions en disant que nous n’avons que 60 000 FG (en réalité nous avions environ 80 000 FG max en réunissant l’argent de tout le monde).
Après une bonne demi-heure de négociation avec Devon (poular courant), Heladj (poular langue maternelle) et moi (trois mots en poular et ma ténacité), nous obtenons 10 L pour 67500 FG, plus grâce à Devon qu’à moi, je dois le reconnaître.
Un africain nous met l’essence depuis le bidon avec un tuyau d’arrosage coupé par la technique du siphon, il en a plein la bouche, il tousse, il crache… il réessaie, ça ne marche pas…il retousse, et recrache encore… suite à quoi je propose de couper ma bouteille d’eau en entonnoir, j’ai un couteau, ils refusent et … ils amènent un entonnoir ! AH ! Incroyable.
Là-dessus nous partons, GS arrive (ouf !) direction énatef (l’école des forestiers guinéo-suisse). Nous avons Sylvain et Diara, il est midi, ça y est ! Tout est prêt ! Nous partons ! Deux heures de retard ! Que d’aventures !
PS : c’était bien 20 KM !!!
Conclusion : Donc voici l’organisation d’un voyage simple, maintenant, imaginez le travail à l’hôpital…
Bisous et à bientôt pour de nouvelles aventures !